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Homélie du 31 janvier

 

Homélie de l'abbé Benoît pour le 4ème dimanche du temps ordinaire, 31 janvier 2021

 

 

 

Les 3 textes bibliques que la liturgie nous propose pour ce 4e dimanche du temps ordinaire sont pour le moins déconcertants.

 

C'est tout d'abord ce passage du livre du Deutéronome où l'on apprend que les hommes ont peur de voir Dieu. Le Seigneur est obligé de transmettre sa parole par la bouche des prophètes.

 

Ensuite c'est un extrait de la première lettre aux corinthiens dans lequel saint Paul ne semble pas très chaud pour le mariage. En apparence nous pourrions même nous dire qu'il paraît être plutôt contre !…

 

... Bien curieux tout de même !

 

Et enfin je viens de vous lire quelques lignes de l'Évangile de saint Marc qui retrace le premier exorcisme de Jésus dans la synagogue de capharnaüm.

 

C'est un récit dans lequel nous nous sentons mal à l'aise. Nous aurions envie de rejeter ce texte étrange, comme désuet et anachronique…

 

… ou, si par hasard nous sommes férus de films fantastiques, nous pourrions nous attacher au merveilleux et au superficiel de l'événement.

 

En regardant les 3 textes de la célébration d'aujourd'hui, j'aurais personnellement envie de reprendre la parole de ceux qui étaient dans la synagogue de capharnaüm quand l'esprit mauvais est sorti de l'homme possédé et tourmenté :

 

« Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? »

 

 

 

La réponse, elle se trouve en regardant Jésus, en l'écoutant, en s'intéressant au message qu'il nous transmet.

 

Jésus parle avec autorité.

 

Il n'est pas comme les rabbins et les scribes qui analysent ce qui s'est dit avant eux.

 

Il ne coupe pas les cheveux en 4 pour savoir comment appliquer la loi.

 

La loi, il la vit !

 

La loi, c'est la loi d'amour de Dieu qui n'est pas là pour enfermer l'homme, mais qui est là pour le libérer et l'aider à vivre.

 

Pour cet exorcisme, Jésus n'emploie ni formule magique, ni signe extraordinaire.

 

Sa seule parole suffit, car sa parole permet à l'homme d'être homme.

 

Cet exorcisme, c'est Jésus qui vient de libérer l'homme esclave des puissances qui l'aliènent.

 

Le monde change de maître, le règne de Dieu commence.

 

Cet exorcisme est donc comme le condensé de l'œuvre de Jésus.

 

- Œuvre passée, d'il y a 2000 ans.

 

- Mais œuvre également actuelle :

 

        Cet homme habité par un esprit mauvais, il est chacun de nous quand nous sommes tourmentés, déstabilisés… quand nous ne sommes pas vraiment homme, c'est-à-dire image de Dieu, quand nous nous opposons à Dieu.

 

Et reconnaissons-le, le climat ambiant lié à la pandémie nous situe malheureusement trop souvent de ce côté-là. Certes nous avons des excuses, car le monde ne tourne pas bien rond, et les blocages dans l'engrenage de la vie sont nombreux.

 

Mais nous manquons d'espérance, et parfois même nous participons au développement de ce mauvais esprit.

 

Le Christ, par sa parole vient nous aider.

 

Il vient nous rendre libre.

 

Il nous invite à le suivre sur les chemins de l'amour, un amour qu'il veut sans faille, un amour qui passe par le chemin du calvaire, c'est-à-dire un amour "don de soi aux autres". Car c'est bien cet amour-là qui permet de vivre en plénitude.

 

 

 

Saint Paul, tout à l'heure dans son épître, ne voulait pas nous dire autre chose.

 

L'amour, il n'est amour que s'il se vit jusqu'au bout.

 

À nous donc d'aimer Dieu pas seulement par une pratique religieuse (c'est bien, mais ce n'est pas suffisant !)

 

Aimer Dieu c'est aussi aimer les autres, au point de croire que le Christ est en eux, que l'Esprit de Dieu habite leur cœur, et qu'ils ont toujours la capacité de grandir.

 

Aimer Dieu dans les autres, aimer Dieu par les autres, et pas seulement aimer les autres pour ce qu'ils sont.

 

 

 

L'Évangile éclaire également notre première lecture.

 

Le peuple d'Israël avait peur de voir Dieu face-à-face, car il pensait qu'il en mourrait.

 

Dieu est tellement grand, Dieu est tellement amour, que sa rencontre nous oblige à choisir.

 

Chaque fois que nous sommes dans le mal, c'est-à-dire dans le non-amour, en fait nous choisissons d'être contre Dieu.

 

Mais il nous aime tellement qu'il nous laisse le temps d'aller à lui. Il nous permet de progresser, il nous conduit petit à petit sur ses chemins.

 

Ne gaspillons pas le temps qui nous est donné. Soyons à l'écoute de la parole du Seigneur, laissons nous libérer par lui.

 

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