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© Florence Brochoire pour La Vie. Body&Mind, un projet de la Trinité, à Paris (9ème)
« Un esprit sain dans un corps sain », dit l’adage… Mais comment unifier les deux et passer d’une prière cérébrale à une prière incarnée ? Nos propositions pour le carême.
Lorsque j’étais jeune professionnelle, je fréquentais une salle de sport et un groupe de prière, se souvient Sophie Devillard, 32 ans. « J’étais frappée par la différence d’état d’esprit : dans l’un dominaient l’individualisme et la compétition, dans l’autre, la fraternité et la joie. » Cette sportive, adepte de gymnastique suédoise, de course à pied et de vélo, redécouvrait la foi en fréquentant un groupe de prière charismatique. Comment retrouver l’unité entre le corps et l’âme ? Son idée s’est concrétisée en 2015, lorsqu’elle a cofondé Body&Mind, à Paris, dans les locaux de la paroisse de la Trinité. Chaque semaine, cette initiative propose à des femmes de vivre en une soirée sport, prière et formation sur différents thèmes, tels que la connaissance de soi ou l’alimentation selon sainte Hildegarde (lire le témoignage de Lucie, p. 65). Le concept répond à une demande croissante : un deuxième groupe s’est créé à l’automne 2018.
Dans ma salle de sport dominaient l’individualisme et la compétition, dans mon groupe de prière, la fraternité et la joie.
Dans un climat de bienveillance, chacune adopte un regard positif sur elle-même, loin de la recherche du corps parfait. « Le corps est réduit au rang d’idole, ce qui paradoxalement le dévalorise, reprend l’inspiratrice de Body&Mind. Il devient un objet, parfois même une marchandise. Or nous, chrétiens, croyons en sa valeur : notre corps est un lieu spirituel, le temple de l’Esprit. À nous d’en prendre soin, de nous en émerveiller, de l’habiter, d’en révéler la beauté, sans négliger pour autant celle de notre âme. »
Ce malaise à l’égard du corps ne date pas d’hier. « Nous pouvons avoir l’impression qu’il nous limite, nous embarrasse, nous soumet à d’incessants besoins et, finalement, nous empêche d’être comme Dieu », analyse Natalia Trouiller, qui a rédigé Sortir ! Manifeste à l’usage des premiers chrétiens (à paraître prochainement aux éditions Première Partie). Pourtant, « avancer que le corps a moins de valeur que l’âme est une hérésie, insiste cette spécialiste de la gnose. François d’Assise, qui a versé dans cette tentation ascétique et le nommait “frère Âne”, s’en est repenti. En s’incarnant, Dieu a donné une dignité extraordinaire au corps. Pour le chrétien, le corps et l’âme ont la même valeur ».
Le carême nous offre l’occasion de faire le point sur la manière dont nous considérons notre corps, d’être davantage à son écoute et de réaliser des ajustements nécessaires : rechercher une alimentation équilibrée et saine, s’accorder un sommeil suffisant, pratiquer une activité physique, diminuer le temps passé devant les écrans, etc. « Le corps est aussi un langage, une médiation pour la relation, un moyen de communication, poursuit Sophie Devillard. C’est par lui que nous donnons et recevons. »....