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Homélie du 15 novembre

 

Homélie de l'abbé Benoît pour le 33ème dimanche du temps ordinaire, 15 novembre 2020

 

 

 

Comme tous les ans, à la fin de l'année liturgique et au début du temps de l'Avent, les pages d'Évangile qui nous sont proposées nous orientent vers la fin des temps, et en définitive vers le terme de notre vie.

 

C’est un sujet qui agite de nombreux esprits, surtout du côté des sectes, et plus récemment de la collapsologie qui prévoit l'effondrement de notre société dans les décennies qui viennent. En cette période de confinement, cette thématique résonne aussi de façon bien particulière.

 

Au cours de ces dimanches, l’Église nous donne l’occasion d’y revenir, mais à la lumière de la Parole de Dieu. Le but n'est pas de nous faire peur mais bien d'y trouver des motifs d'espérance.

 

 

 

L’évangile d'aujourd'hui nous parle plus précisément des biens que Dieu nous a confiés. Il y est question de « talents ». Pour éviter toute confusion, il faut savoir que ces talents ne sont pas d’abord des qualités. On dit que certains ont des talents pour la musique, d’autres pour le chant, d’autres encore sont habiles pour le bricolage. C’est sûrement bien, mais ce que Jésus veut nous dire est bien plus important.

 

Dans la bible, un talent c’est une somme de 6000 deniers ; C’est le salaire de 20 à 30 années de travail. Quand Jésus nous parle de cinq talents, puis deux, puis un, il s’agit donc d’une somme considérable, même pour celui qui a priori reçoit peu. C’est une façon de dire que Dieu nous confie tous ses biens. Il nous fait confiance pour les gérer et les faire fructifier.

 

 

 

Or ce qu'il nous donne, c'est lui-même,… c'est l'amour. Cette richesse est bien particulière, parce que plus nous la donnons et plus nous la recevons en retour. Ainsi, plus on sait répandre l'amour, et plus l'amour grandit en nous. Plus on sait être proche des autres et plus ils sont proches de nous.

 

 

 

Par contre plus on enferme l'amour et plus on devient comme le troisième serviteur. Non seulement, le talent, l'amour ne fructifie pas. Mais en plus on le perd, il s'étiole, il dépérit.

 

Et dés lors, on entre dans les ténèbres, dans les pleurs et les grincements de dents… car sans amour pas de bonheur, pas de joie.

 

 

 

Savoir s'ouvrir aux autres et à Dieu, grandir en amour, c'est donc ce que nous demande le Christ Jésus. Ainsi, à la fin, nous serons riches de son amour… Ainsi, à la fin du temps qui est le notre, c'est-à-dire de notre vie, nous nous retrouverons dans la joie de Dieu.

 

 

 

Préparons la fin de notre vie en vivant à plein notre vie d'aujourd'hui. Préparons la fin de notre vie en faisant fructifier l'amour qui est en nous. C'est le merveilleux talent que Dieu nous a donné. Et c'est en fait lui-même qui s'est offert à nous.

 

Et en cette période de crise sanitaire si compliquée, inventons les façons d'aimer adaptées aux restrictions que nous subissons. Un coup de fil quotidien à quelqu'un que l'on sait isolé, un visage souriant pour celles et ceux rencontrés lors des temps de sortie (même derrière le masque, ça se voit), un petit mot d'amitié dans la boîte aux lettres d'un voisin, une prière aimante pour ceux que l'on connaît et pour ceux que l'on sait abandonnés... les idées ne manquent pas. Et l'Évangile de dimanche prochain pour la fête du Christ Roi nous soutiendra dans nos efforts de solidarité.

Faisons fructifier l'amour qui est en nous. C'est ce qui fera la joie des autres. C'est ce qui fera la joie de Dieu. C'est ce qui fera notre propre joie.

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