« Tu aimerais être prêtre Benoît, non ? » C’est en rentrant de la messe que le jeune Benoît Decreuse, alors en 4e, a entendu sa mère lui poser cette question. « Je lui ai répondu que oui, c’est la première fois qu’on abordait le sujet. Ma famille est chrétienne mais personne ne m’a poussé à m’engager. Mes parents souhaitaient que je trouve ma voie, simplement. » Bac scientifique en poche, Benoît Decreuse fait deux ans de séminaire à Dijon, avant d’effectuer son service militaire puis de travailler un an à la Mutualité agricole du Doubs. « C’est important d’avoir ce genre d’expérience pour être en phase avec la vie des gens. »
Aumônier des Scouts de France
Il poursuit son cycle spirituel à Besançon puis Pontarlier pour être ordonné diacre en 1985 puis prêtre l’année suivante. Son parcours l’amènera auprès de nombreuses paroisses, il sera également l’aumônier des Scouts de France pendant 11 ans, d’abord du Doubs puis de la Franche-Comté. À l’automne 2020, il est nommé sur le secteur de Levier-Frasne et sera installé officiellement ce dimanche 9 mai, en l’église de Frasne.
Je suis tombé dans le gouffre quand j’étais tout petit
Le Christ a laissé dans la vie de Benoît Decreuse de la place pour son autre passion : la spéléologie. « Je suis tombé dans le gouffre quand j’étais tout petit », s’amuse le prêtre. Il faut dire qu’à Montrond-le-Château, là ou il est né et où il a grandi, il a vu défiler les spéléologues. Le secteur compte en effet six cavités remarquables, « ce qui est énorme. Avec mes frères, on s’est vite passionné pour les milieux karstiques, les grottes, les gouffres, etc. »
De l’encadrement avec un public déficient mental
Ils fondent un club en 1981 : le GCPL, groupe clostrophile du plateau de Montrond , dont il est aujourd’hui le trésorier. « Oui, on a mis un ‘‘o’’ exprès » sourit-il, « On a rapidement monté un gîte, avec une capacité d’accueil de 40 personnes, qui est toujours en fonction. » Le GCBD continue d’entretenir, avec la municipalité, et de faire découvrir le sentier karstique : « On accueille 10 à 15 000 visiteurs à l’année en visites libres et entre 1 500 et 2 000 en visites guidées. »
À 62 ans, Benoît Decreuse continue d’explorer les cavités souterraines. « Jeudi dernier, j’étais à la grotte de Gonsans pour encadrer un groupe de jeunes, déficients mentaux. Ils sont fascinés par les endroits où je les emmène et, pour moi, leur contact est une richesse fabuleuse. »
La Bible et les connaissances scientifiques
Depuis les années 80, les explorations de son groupe ont permis de cartographier de nombreux secteurs, dûment répertoriés dans de nombreux ouvrages. Un apport scientifique majeur en ce qui concerne l’hydrogéologie. « Il y a encore tellement à découvrir… » Il a sillonné les cavités de la France et de l’Europe : Italie, Espagne, Suisse, Slovénie (« le berceau de la karstologie ») ou encore l’ex-Tchécoslovaquie : « C’était avant la chute du rideau de fer, un club de là-bas cherchait un jumelage histoire de pouvoir sortir du pays ».