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Réflexions sur les élections

http://www.besancon.mondio16.com/images/articles/image%20carte%20elections.jpgPolitique / Le chrétien n'a pas vocation à faire la morale. C'est la place non souhaitable du pharisien dans l'Évangile.

En revanche, à l’heure du choix, il a le devoir de réfléchir à la cohérence entre le programme, la vision de société proposée, la personnalité du candidat d’une part, et le projet de Dieu pour l’Homme de l’Évangile d’autre part.

Qui guidera la maison commune ?

Quelles questions, en tant que chrétien, doit-on se poser pour choisir un Président de la République ? Suffit-il de lire son programme ? Bien sûr, c’est une question essentielle, mais ce n’est pas la seule. La dette, le déficit public, l’euro… Autant de questions intéressantes, mais loin d’être suffisantes. Et surtout loin du domaine de compétence de la doctrine sociale promue par l’Église.

Les questions à se poser

Il est ainsi crucial de revenir aux sources. Pas aux soi-disant « valeurs chrétiennes » floues et galvaudées. Restons concrets. « La foi n'a jamais prétendu enfermer les éléments socio-politiques dans un cadre rigide, ayant conscience que la dimension historique dans laquelle vit l'homme impose de tenir compte de situations imparfaites et souvent en rapide mutation », lit-on dans le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église. Bref, soyons clair, aucun candidat actuellement en lice n’est le candidat parfait. Reste à faire un choix.

Que penser de l’homme ou de la femme politique ? Son expérience, sa formation ? Que penser de sa vision de la société ? De sa vision de l’Homme ? Ses qualités personnelles de clairvoyance, de courage, de détermination, de prudence ? « Que votre oui soit oui »… Que penser de ses prises de positions successives, de sa cohérence, de ses renoncements ?

La famille au cœur de la société

Un des aspects importants à étudier est celui de la politique familiale. « Une famille unie est une ressource pour l’avenir et une espérance pour le bien de tous », rappelle le pape François dans l’Exhortation Apostolique Amoris laetitia. Quel position les candidats ont-ils tenue contre toutes les dispositions législatives ou réglementaires récentes qui affaiblissent la stabilité des familles et fragilisent la filiation naturelle ? « Les mesures qui brouillent la filiation, celles qui favorisent les divorces et l’éclatement des familles sont payées très cher par leurs premières victimes : les enfants », rappellent les évêques de France dans leur exhorte du 20 juin 2016.

Quant aux plus faibles, handicapés, embryons, personnes âgées, quelle place occupent-ils dans les programmes ? Comment les candidats se positionnent-ils sur les sujets où le principe de précaution devrait s’appliquer, pour protéger les enfants : gestation pour autrui (GPA), politiques éducatives…

L’Espérance comme gouvernail

Ce sujet de la politique éducative est crucial. Comment les candidats comptent-ils instaurer les conditions d’un vrai apprentissage des bases du savoir, et de la vie en société ? Comment comptent-ils par exemple enseigner à l’école le « récit national » en histoire, pour prendre conscience du travail de construction conduit par les Français aussi loin que nous remontons dans notre histoire ?

Comment comptent-ils mettre en place les conditions effectives d’une laïcité qui ne consiste pas à interdire les crèches dans les mairies, à transformer les vacances « de Pâques » en vacances « de printemps » ou à s’offusquer de la présence de crucifix sur la voie publique, mais plutôt à permettre une reconnaissance de l’importance des religions pour le lien social, la solidarité, la lutte contre l’exclusion, et l’apport du dialogue interreligieux à la paix civile ?

Le courage et la clairvoyance, ce n’est pas simplement mettre des chiffres sur les flux de migrants ou de pauvres, en ne soulignant que les aspects statistiques et économiques dans une analyse matérialiste et quasi-marxiste de la société. C’est aussi avoir la même espérance d’épanouissement pour tous ces hommes et ces femmes, sans tabou notamment sur l’Islam radical.

Les missions régaliennes

Enfin, et ce n’est pas la moindre de ses fonctions, le chef de l’État devra aussi être en mesure d’appliquer les missions régaliennes de l’État. En politique de défense par exemple : nos armées toujours plus engagées, avec toujours moins de moyens… Le maintien de la paix par la lutte contre le terrorisme, c’est aussi une mission chrétienne. Du côté des affaires étrangères et de la diplomatie, il ne suffit pas de déplorer la régression de l’influence de la France. Il faut la rétablir, et retrouver la stature internationale qui permettait autrefois à notre pays de se faire la voix des chrétiens d’Orient, germes de paix et facteur d’équilibre entre les grandes puissances.

La solidarité de l’État, c’est aussi la coopération et le développement, en particulier avec l’Afrique avec laquelle nous (la France plus que l’Europe) avons des liens particuliers…

Reste enfin le sujet de la sécurité : le chrétien ne peut se résigner à éviter les quartiers de Besançon ou de Montbéliard où il ne fait pas bon se balader trop tard pour une femme seule… où les voitures brûlent au nouvel an…  où la police n’est plus la bienvenue. C’est le rôle de l’État de protéger le faible, et c’est aussi un fruit de l’Évangile.

Louis de Dinechin

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